L’opérateur Bouygues Telecom mise sur l’internet des objets : le membre fondateur de l’alliance LoRa, va créer une division spécialisée cet automne. Elle proposera des offres B2B basés sur cette technologie de transmission radio bas débit longue distance.

Si Paris a accueilli le congrès de l’alliance LoRa, les 9 et 10 juillet, cela tient beaucoup à l’implication de Bouygues Telecom, l’un des 11 membres fondateurs du consortium. Preuve que l’opérateur français mise plus que jamais sur cette technologie de transmission radio bas débit longue portée, idéale pour l’internet des objets. Il a d’ailleurs commencé le déploiement d’antennes LoRa en France. Avec l’objectif de couvrir 500 villes d’ici fin 2015. “Fin 2016, ce seront 5 000 antennes qui seront déployées, affirme Yann Tanguy, responsable marketing IoT. On se donne trois ans pour couvrir tout le territoire.”

Près de la moitié des sites de l’opérateur, soit 7 à 8 000 points hauts de l’opérateur français sur 15 000, seront alors équipés d’antennes LoRa. Le maillage pourra être plus dense sur certaines zones pour mieux servir les clients les plus importants, “et tenir notre promesses de connectivité loin à l’intérieur des bâtiments”, précise Yann Tanguy. Bouygues entend garder une longueur d’avance sur ses concurrents tricolores : Orange débute seulement ses tests de LoRa, deux ans après Bouygues.

BOUYGUES SÛR DE SES FORCES FACE À SIGFOX

Les déclarations fracassantes de Sigfox, principal rival de l’alliance LoRa, (dont le directeur général a prédit, sans ambages, “l’échec” de Bouygues dans l’IoT), n’ont donc pas altéré la confiance de la filiale télécoms du groupe Bouygues. Si la direction de n’a pas souhaité répondre directement aux attaques frontales de la start-up toulousaine, son responsable marketing IoT rappelle la méthodologie retenue avant d’opter pour LoRa : “En 2013, nous avons regardé de très près les deux technologies, et mené des tests en conditions réelles. Nous les avons finement comparées et sur tous les aspects, LoRa s’en est mieux sorti. Notamment en termes de flexibilité, de ‘scalabilité’ du réseau. Le choix s’est purement fondé sur des questions techniques. Nous sommes très sereins sur le niveau de qualité que nous allons proposer à nos clients grâce à LoRa”.

Bouygues y croit tellement que la société va créer à l’automne une division, façon start-up, spécialisée dans la fourniture de services à des clients B2B grâce au réseau LoRa. “L’entreprise mène déjà des tests avec de grands acteurs industriels français”, précise Yann Tanguy. Bouygues Telecom dévoilera ses offres commerciales LoRa à la rentrée.

SYNERGIES AU SEIN DU GROUPE BOUYGUES

D’ores et déjà, la division télécom explore les possibilités de synergies avec les autres entités du groupe de BTP. Et elles sont nombreuses. “Avec Colas, il y a le sujet des capteurs dans les routes, ou de la maintenance des matériels de chantier. Avec Bouygues Energie, il y a bien sûr la problématique du smart building, de la qualité de l’air, du smart metering, de la maintenance des équipements… énumère Yann Tanguy. Comme l’a dit Martin Bouygues, cela représente de fabuleuses opportunités”. Ce potentiel à exploiter explique sans doute en partie pourquoi le patron du groupe n’a pas voulu laisser filer sa filiale télécoms dans les mains de SFR-Numericable…

SYLVAIN ARNULF

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