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Didier Pouillot
Directeur de la business unit Economie des Télécoms, IDATE DigiWorld

L’annonce de la fusion entre Wind et Tre en Italie avec comme conséquence, le passage de 4 à 3 opérateurs mobiles pour le pays, confirme le mouvement de consolidation des télécommunications en Europe.

Ce mouvement prend deux formes :

D’une part, les opérations de consolidation fixe-mobile, comme récemment l’acquisition de l’opérateur mobile Base en Belgique par le cablo-opérateur Telenet, se multiplient. On peut ainsi citer également les opérations Orange-Jazztel en Espagne,  BT-EE au Royaume-Uni, Numericable-SFR en France, Vodafone-Ono encore en Espagne, etc.

D’autre part, on assiste à la concentration du secteur des mobiles de 4 à 3 opérateurs, y compris dans les 5 principaux pays de l’Union européenne (voir carte).  L’Allemagne a déjà basculé, avec la fusion entre E-Plus et O2, les filiales respectives de KPN et Telefónica, en 2014 au terme d’une longue instruction de l’anti-trust européen. Au Royaume-Uni, le projet de rapprochement entre Three, la filiale locale du groupe hongkongais Hutchison Whampoa (maison mère également de Tre en Italie) et de O2, fera de la même façon passer l’industrie mobile de 4 à 3 opérateurs. En Espagne, la vente de Yoigo, envisagée il y a deux ans par TeliaSonera, a été abandonnée faute de repreneur à des conditions que le groupe suédois aurait jugé raisonnables mais le marché hispanique est de facto concentré au sein de 3 opérateurs, le quatrième et dernier arrivé ne possédant qu’à peine plus de 6% de part de marché (en nombre de clients), en recul même depuis fin 2014. Rappelons qu’en France, Free Mobile a à l’inverse réussi à conquérir environ 15% des clients (mais quelque 8% des revenus) du marché hexagonal en trois ans. Dans ce concert, le marché français paraît ainsi le seul à continuer de marcher à contre-courant !

Au-delà des 5 grands marchés européens, une part significative des autres Etats de l’Union européenne fonctionnent eux aussi autour de 3 opérateurs mobiles, même 2 pour Chypre.

Au total, sur les 23 autres pays, tout juste la moitié (12 au total) ont encore 4 opérateurs ou plus. Mais pour certains (Danemark, Finlande, Luxembourg, Suède), le quatrième opérateur est resté embryonnaire. On notera aussi que si 4 pays ont encore profité du lancement de la 4G pour ouvrir le marché à un nouvel entrant (en Bulgarie, aux Pays-Bas, en Roumanie et en Slovaquie), des incertitudes demeurent sur la viabilité des nouvelles licences. La Roumanie est par ailleurs le seul Etat membre à abriter 6 opérateurs. Quant à la Belgique enfin, l’attribution d’une quatrième licence 3G au consortium Telenet-Voo au début des années 2010 n’a finalement pas été suivie d’effet : les deux protagonistes ont rendu leur licence en 2014 ! Enfin, il faudrait compléter cet état des lieux en soulignant la diversité des situations relatives aux MVNO, en nombre et en part de marché.

Malgré tout, avec toujours plus de 100 licences attribuées, le marché européen reste, à l’échelle communautaire, très morcelé !

Nombre d’opérateurs mobiles (MNO) dans les Etats membres de l’Union européenne

Schéma_concentreation_mobile_Europe

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