C’est le groupe sud-africain Dimension Data qui s’est chargé de collecter et d’analyser l’ensemble des données du Tour de France 2015. Entre le camion « big data », les hélicoptères et les capteurs placés sur les vélos des coureurs, la firme a dû déployer un dispositif spécial au long des 3 360 kilomètres que comptait l’épreuve.

Dimension Data l‘avait annoncé en grande pompe lors d’un événement européen qui s’est déroulé en mai 2015, c’est lui qui s’est occupé de récolter et d’analyser l’ensemble des données générées et exploitées par le Tour de France. En quête de visibilité sur un marché européen où il a déjà racheté Nextira One, le groupe sud-africain s’est trouvé une vitrine de luxe. Derrière la Coupe du Monde de Football et les Jeux Olympiques, la grande boucle est l’événement le plus suivi sur le globe. Pour Amaury Sport Organisation (ASO), organisateur du Tour de France, l’enjeu de ce partenariat était de proposer une expérience au plus proche des coureurs, tranchant avec le suivi collectif traditionnel.

Mais réussir à remonter et collecter des données variés tout au long des 3 360 kilomètres que compte le parcours n’était pas une sinécure. Le groupe a dû déployer une infrastructure complète entièrement mobile. Déjà, Dimension Data devait installer sur chaque vélo des boîtiers le plus léger possible, le poids étant devenue, au cours des années, un des ennemis favoris des cyclistes. Une fois installés ils remontent toutes les données relatives aux coureurs. Mais encore fallait-il qu’ils puissent transmettre ces données en temps réel.

Un datacenter roulant et des hélicoptères

S’appuyant sur le signal de transmission RF TV, Dimension Data a déployé sur le tour des avions et des hélicoptères chargés de recueillir ces signaux tout au long des 21 étapes. Pour ce qui est de l’analyse de ces données brutes, le groupe sud-africain avait décidé de mettre en place un data-center mobile, baptisé Big Data Truck (en illustration). Ce camion bourré de serveurs a ainsi passer 320 heures sur les routes de France et parcouru 5 151 kilomètres pour analyser les données. Il les renvoyait ensuite vers les commentateurs et les plateformes de diffusions. Lors de chaque étape, Dimension Data a ainsi enregistré entre 4 et 6 millions de données.

À voir la diversité et la précision des informations ainsi recueillies, il semble que le jeu en valait la chandelle. Déjà sur les vitesses, Dimension Data a pu montrer que sur cette 102e édition du Tour de France, les coureurs avaient roulé à la vitesse moyenne de 38,34 km/h. Le plus rapide lors d’un sprint fut l’allemand John Degenkolb avec une pointe relevée à 78,48 km/h. A ce rythme, l’ensemble des coureurs générait chaque jour une puissance de 90 kilowatts, soit environ celle de 22,5 panneaux solaires. Que ce soit l’écart entre le premier et le dernier, les côtes les plus pentues (19% tout de mêmes) ou les températures sur le parcours, de nombreuses autres données ont été relevées par Dimension Data. Le live tracking mis en place par le groupe sud-africain a ainsi attiré 633 912 visiteurs uniques tout au long de l’événement avec un pic à 74 607 personnes connectées simultanément. Pour une opération de communication, on peut dire que c’est réussi.

Légende illustration : Pour traiter les données récoltées tous les jours sur le Tour, Dimension Data a spécialement équipé un camion avec des serveurs.

from Réseaux Telecom

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